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Aussi loin que l'on fasse remonter l'histoire
de notre région, la vigne a toujours fait partie de ces paysages.
Ce sont les Phéniciens qui ont le privilège d'avoir introduit
les premiers cépages sur le sol gaulois lors de la fondation de
la ville de Narbonne. Parce qu'ils avaient créé le marché,
les Grecs conservent le monopole du commerce du vin durant 6 siècles,
grâce à de véritables centres de distribution répartis
jusqu'en gaule septentrionale. Au premier siècle de notre ère,
cette position dominante s'avèrera contraire aux intérêts
des négociants en vins de l'empire romain, au point que certains
historiens affirment qu'ils furent parmi les principaux instigateurs de
la conquête des Gaules.
Lorsque le christianisme se répandit dans l'empire romain, le vin
gagna encore de l'importance sans doute parce qu'il est, avec le pain,
l'espèce indispensable à la communication liturgique. Durant
le haut moyen âge, les évêques et les moines, animés
par la foi, rivalisèrent de courage et de savoir-faire pour défricher
les forêts et implanter des vignes sur les meilleures terres, dont
la plupart portent encore aujourd'hui nos plus magnifiques vignobles (
Abbayes Lagrasse et Fronfroide.)
Un siècle plus tard, le précieux nectar chargé de
symboles, valut au futur roi Henry IV d'être baptisé avec
une cuillérée de vin. Etabli désormais parmi les
valeurs suprêmes de la nation, le vin, dont on commençait
à bien maîtriser la vinification accompagnait désormais
toutes les fêtes et toutes les grandes cérémonies
dignes du royaume.
A la révolution, les grands crus furent inscrits dans l'inventaire
des biens de la nation. Symbole du génie français le vin
allait marquer toutes les pages glorieuses de l'histoire moderne. L'anecdote
du colonel Bisson qui ordonna à ses troupes de présenter
les armes à un célèbre cru, en est l'un des multiples
témoignages.
Richesse qu'un grand savant, Louis Pasteur, sut définitivement
préserver aux environs de 1850, grâce à ses travaux
sur la fermentation et à la mise au point d'une méthode
de conservation des liquides fermentescibles.
En 1864, un minuscule puceron, le phylloxéra, ravagea en peu d'années
la totalité du vignoble français. Plusieurs décennies
d'effort furent nécessaires pour que soit mis au point un greffage
de plants américains qui permit de reconstituer le vignoble.
En 1935, un ministre de l'agriculture, Joseph Capus, créa le comité
national des appellations d'origines qui deviendra en 1947 l'institut
national des appellations d'origines (INAO)
Organisme interprofessionnel, l'INAO veille à l'application des
normes de production. La France élève désormais sur
son sol, la plus large diversité de vins dotés de la plus
extraordinaire palette de goûts que puissent souhaiter les amateurs
les plus exigeants. Inscrits dans un des plus beaux paysage de France,
la vigne et le vin des Corbières témoignent d'une civilisation
fondée sur un art de vivre dont le rayonnement commence à
se diffuser dans le monde entier.
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